La honte disparaît. Pendant des décennies, le terme « voiture sans permis » ou VSP (essentiellement une petite voiture dont la vitesse est limitée à 45 km/h en Europe) évoquait des images de cartons humides et d’un moteur à deux temps claquant comme une tondeuse à gazon luttant pour sa vie. Il s’agit d’un véhicule sanctionné pour les conducteurs dont le permis a été révoqué pour conduite en état d’ébriété, excès de vitesse, etc. Personne ne veut de cela. Si vous en achetez un, peignez-le en beige pour le faire disparaître de la circulation.
François Ligier, PDG du constructeur français historique, connaît mieux que quiconque cette histoire.
“Historiquement, nos clients ne veulent pas être étiquetés comme quelqu’un qui n’a pas de permis de conduire, c’est pourquoi nous donnons à leurs véhicules un look très sobre qui ne sera pas remarqué dans la circulation.”
Cette époque est officiellement révolue. Certes, ce marché est un marché de niche, mais il connaît une croissance rapide. Le nouveau visage de cette expansion n’est pas celui d’une personne âgée grincheuse essayant d’éviter la circulation. Ce sont des adolescents.
Ligier lance le Myli, le premier modèle 100 % électrique conçu spécifiquement pour les personnes ayant un revenu disponible et qui ne supportent pas les transports laids. Près de la moitié de la clientèle actuelle de l’entreprise est déjà composée d’adolescents et a des exigences de style élevées. Ils veulent de la technologie. Ils veulent exister.
Myli répond à cette demande avec un langage de conception qui imite de manière agressive les proportions d’un SUV compact. Il ne s’agit pas d’être une vraie voiture. Il s’agit d’essayer d’être “cool”.
Spécifications : ce que vous obtenez vraiment
Oubliez la rouille. Myli est construit sur une toute nouvelle architecture électrique. Le numéro du titre est la plage. Dans sa configuration haut de gamme, Myli offre une autonomie impressionnante de 192 kilomètres avec une seule charge. Pour un véhicule dont la vitesse de pointe est de 45 km/h, cela suffit pour une journée entière à l’école, les tâches ménagères du week-end et une soirée sans soucis.
L’intérieur a abandonné le faible côté pratique de son prédécesseur et est passé à des fonctionnalités qui plaisent directement aux utilisateurs numériques.
- Tablette à écran tactile : Une interface utilisateur numérique intégrée est utilisée à la place d’un cadran analogique.
- Climatisation : Autrefois définie comme un article de luxe dans un véhicule qui manquait de confort.
- Palette de couleurs vibrantes : Fini le beige. La carrosserie est finie dans des teintes vives et accrocheuses conçues pour se démarquer plutôt que de se fondre dans la masse.
Pourquoi c’est important sur le marché des microvoitures
Ce changement représente un changement fondamental dans la façon dont les gens perçoivent ces véhicules. Historiquement, les VSP ont été des citoyens de seconde zone sur la route. Vous les avez achetés parce que vous le deviez. Des acheteurs cibles comme Ligier les choisissent désormais comme expression de leur style de vie.
Il ne s’agit pas simplement de remplacer une berline familiale endommagée. Il s’agit de transports urbains légaux, pratiques et élégants. Myli se situe à l’intersection de la conformité réglementaire et des préférences esthétiques de la génération Z. Il admet que pour les jeunes conducteurs, la position est tout aussi importante que la fonctionnalité.
Ligier estime que la suppression de la stigmatisation associée au label « sans licence » pourrait ouvrir un marché plus large. Cette technologie n’est plus une réflexion secondaire. C’est un argument de vente.
Alors que l’industrie automobile devient obsédée par les gros SUV électriques et les berlines autonomes, les petites microvoitures électriques gagnent également en popularité.

Piège démographique et rapide de Gold-Spoon
Vous payez pour cette sécurité. Les prix varient entre 12 500 et 17 100 euros selon la version. Mais pour les parents vivant sur le bassin méditerranéen, la prime n’est pas un problème. Ils commercialisent le scooter traditionnel à quatre roues et avec un toit. Cela concerne la sécurité des mineurs qui se déplacent soudainement.
François Ligier a clairement identifié un noyau démographique. Ils vivent à proximité des villes.
Cette population adolescente est fortement concentrée en Méditerranée, de Marseille à Nice.
Paris ne fait pas exception. Cette tendance s’étend aux banlieues aisées comme Neuilly-sur-Seine. Ici, la « jeunesse dorée » a choisi les quadricycles. Selon des informations locales, le parking d’un lycée du Golfe de Saint-Tropez était entièrement rempli de ces véhicules à basse vitesse.
Les limites sont une vraie blague. La Citroën AMI est limitée électroniquement à 45 km/h. Cependant, une vidéo récente d’un AMI prenant un virage à fond à Monaco et s’écrasant contre un mur est devenue virale en ligne. Cette absurdité de la situation ne fait qu’alimenter le battage médiatique.
Le marché a connu une croissance d’environ 10 % par an au cours de la dernière décennie. Le catalyseur a été l’introduction du permis AM en 2013, qui a abaissé l’âge de conduite des quadricycles légers de 16 à 14 ans. Ce changement de réglementation a donné un énorme coup de pouce à l’industrie.
Concurrence, volume et révolution ZFE
L’entrée de Citroën sur le marché des véhicules électriques à basse vitesse a changé la donne. Lors du lancement d’AMI il y a trois ans, la machine marketing ne ressemblait à aucune Ligier qu’elle aurait pu assumer seule. L’accès aux médias de masse et les vastes campagnes publicitaires ont profité à l’ensemble du secteur, et pas seulement aux nouveaux arrivants.
Les chiffres reflètent cette explosion. Citroën a vendu 8 200 AMI rien qu’en 2022, soit un bond de 23 % sur un an. Ligier a déplacé 16 500 unités l’année dernière. La société a pour objectif de vendre 2 000 unités du prochain modèle « Myli » en 2023 après son lancement en mai. La moitié de cette production est destinée à l’exportation. L’Italie reste le marché international le plus important et la culture du « quadricycle » est implantée en Italie depuis de nombreuses années.
La chaîne d’assemblage de l’usine de Bouffélé en Vendée produit 40 voitures par jour. Ligier est fière du label Made in France. Oui, ils sont plus chers que les unités construites au Maroc. Mais sa provenance est en soi un argument de vente.
Mais la véritable portée est la réglementation. Ligier prévoit de doubler la taille de l’entreprise d’ici cinq ans. Cette stratégie comprend un passage aux véhicules spécialisés, en particulier aux petites fourgonnettes électriques.
L’arrivée des Zones à Basses Emissions (ZFE) va révolutionner les flux de marchandises dans les villes. De nouveaux appareils mobiles sont nécessaires pour prendre en charge ce changement.
À mesure que le contrôle de la pollution dans les centres urbains augmente, la demande de solutions de livraison sur le dernier kilomètre augmente. Teenage AMI a fait la une des journaux. Les voitures électriques silencieuses et pratiques sont l’avenir. Reste à savoir si le marché peut soutenir à la fois les jouets lifestyle et les produits phares. Les lignes sont floues.











