Batteries à semi-conducteurs : un expert de premier plan appelle à la patience à mesure que la technologie mûrit

Ouyang Minggao, le plus grand expert chinois en batteries pour véhicules électriques (VE), a mis en garde contre les attentes prématurées concernant les batteries à semi-conducteurs commercialement viables. Malgré un développement rapide et des dépôts de brevets agressifs par les entreprises chinoises, la disponibilité généralisée reste encore des années avant. Selon Ouyang, les véhicules testant ces batteries à court terme sont expérimentaux et ne devraient pas être commercialisés auprès des consommateurs avant au moins deux ans.

La technologie EV actuelle est suffisante

Ouyang a rassuré le public sur le fait que la technologie existante des batteries pour véhicules électriques est déjà très performante. Même si les batteries à semi-conducteurs sont extrêmement prometteuses, précipiter leur déploiement risque de compromettre la sécurité et les performances. Ce message est essentiel car le battage médiatique autour des batteries à semi-conducteurs a augmenté, les constructeurs de l’industrie automobile, y compris des géants traditionnels comme FAW, Dongfeng et même de nouveaux venus comme Dreame, se précipitant pour présenter des prototypes.

Le rôle de premier plan de la Chine dans le développement des semi-conducteurs

La Chine est devenue une force dominante dans la recherche sur les batteries à semi-conducteurs. En 2025, les entreprises chinoises ont obtenu 44 % de tous les brevets nouvellement publiés dans ce domaine, dépassant ainsi le Japon. Surtout, les coûts de production de matériaux clés tels que les électrolytes sulfurés à l’état solide ont chuté de 20 millions de yuans par tonne à moins d’un million de yuans, tandis que la capacité a considérablement augmenté. Malgré ces progrès, Ouyang souligne que l’industrialisation du monde réel nécessite une approche progressive.

Feuille de route d’industrialisation en trois étapes

Ouyang a défini un calendrier clair pour la maturation de la technologie :

  1. 2025-2027 : Focus sur les batteries à l’état solide en graphite et en sulfure d’anode à faible teneur en silicium avec des densités énergétiques de 200 à 300 Wh/kg, établissant ainsi une chaîne d’approvisionnement complète.
  2. 2027-2030 : Développement de batteries à anodes à haute teneur en silicium atteignant 400 Wh/kg et 800 Wh/L, en donnant la priorité aux anodes silicium-carbone stables et de grande capacité.
  3. 2030-2035 : Batteries au sulfure d’anode au lithium ciblant 500 Wh/kg et 1 000 Wh/L, nécessitant des matériaux d’anode et de cathode avancés.

Des défis demeurent pour une adoption généralisée

Les batteries à semi-conducteurs à densité énergétique plus élevée se heurtent à des obstacles importants en matière de contrôle de qualité et de stabilité. Ouyang prédit que lorsqu’ils atteindront enfin la production de masse, les densités énergétiques seront probablement de l’ordre de 300 à 350 Wh/kg, avec une viabilité commerciale attendue d’ici trois à cinq ans. Ce calendrier souligne la nécessité d’avoir des attentes réalistes, car la technologie en est encore aux premiers stades d’industrialisation.

“Les batteries à semi-conducteurs représentent une technologie révolutionnaire avec des barrières à l’entrée élevées et des défis techniques plus importants. Elles nécessitent des solutions complètes abordant les matériaux, interfaces, électrodes et cellules clés”, — Ouyang Minggao.

La course à la commercialisation des batteries à semi-conducteurs s’intensifie, mais l’expertise d’Ouyang Minggao nous rappelle que les véritables avancées prennent du temps. Même si les prototypes sont passionnants, il faudra encore plusieurs années avant que la technologie soit prête à être utilisée par le grand public.