BYD étend sa présence sur le marché australien avec le lancement de Denza, une nouvelle marque positionnée pour concurrencer directement les marques de luxe établies. Le Denza B8, un gros SUV hybride rechargeable, mène la danse. Il ne s’agit pas simplement d’une autre importation chinoise ; il s’agit d’une décision calculée visant à conquérir une part du segment haut de gamme, visant à rivaliser avec Lexus et Land Rover tout en offrant une proposition de valeur convaincante.

Denza contre BYD : une scission stratégique

Pour rationaliser sa stratégie mondiale, BYD utilise Denza comme canal exclusif pour ses modèles haut de gamme en dehors de la Chine. D’autres sous-marques haut de gamme de BYD, comme Yangwang et Fangchengbao, resteront pour l’instant uniquement chinoises, mais leurs véhicules seront rebaptisés Denza pour l’exportation. La gamme initiale comprend les B5 et B8, tous deux dotés d’une construction robuste à châssis en échelle et de groupes motopropulseurs hybrides rechargeables, promettant des performances tout-terrain améliorées par rapport aux modèles BYD précédents vendus en Australie.

Le groupe motopropulseur du B8 est particulièrement remarquable, car il présente des mises à jour pour le BYD Shark 6 ute, suggérant une base mécanique partagée entre ces véhicules. Cette approche multiplateforme permet à Denza d’entrer rapidement sur le marché avec une technologie éprouvée.

Taille et positionnement : un concurrent poids lourd

Le Denza B8 est un véhicule imposant, faisant pencher la balance à un peu moins de 3,3 tonnes. Cela la rend plus lourde que la plupart des voitures que les Australiens connaissent. Denza cible de front les marques traditionnelles, dans le but de devenir l’une des cinq premières marques de luxe en Australie. Avec un prix de départ inférieur à 100 000 $, il devance les concurrents comme la série LandCruiser 300 tout en offrant des capacités similaires.

Cette stratégie de prix est délibérée : Denza a l’intention d’offrir un luxe semblable à celui de Lexus à des prix semblables à ceux de Toyota. Le B8 est en concurrence directe avec le Land Rover Defender 130 et le Toyota LandCruiser 300 Series, mais propose un groupe motopropulseur hybride comme différenciateur clé.

Intérieur : un mélange de haut de gamme et de particulier

L’intérieur du B8 allie des équipements luxueux à des choix de design étranges. Les poignées de porte rétractables électriquement, bien qu’esthétiquement plus propres, peuvent être lentes et frustrantes à utiliser. Le manque de ventilation pour les chargeurs de téléphones sans fil est un autre oubli, étant donné que le B5 offre cette fonctionnalité.

Cependant, l’habitacle est doté de portes à fermeture douce, d’un volant haut de gamme, de boutons satinés et d’interrupteurs uniques d’aspect cristal pour les commandes à clé. Le boîtier de console centrale refroidi et chauffé est une caractéristique remarquable, dépassant la fonctionnalité des systèmes similaires des SUV Toyota.

L’énorme écran d’infodivertissement de 17,3 pouces domine le tableau de bord, offrant une multitude de paramètres et d’applications. Apple CarPlay et Android Auto sans fil sont de série, mais le système de climatisation reste purement physique. Dans l’ensemble, l’intérieur est bien aménagé mais comporte quelques décisions douteuses qui nuisent à l’expérience de luxe.

Groupe motopropulseur et capacités tout-terrain

Le B8 est propulsé par un moteur quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres associé à des moteurs électriques sur les deux essieux, produisant une puissance combinée de 425 kW et 760 Nm. Ce groupe motopropulseur sera également utilisé dans le BYD Shark 6 ute mis à jour. Le B8 est doté d’un système « Dual-Mode Offroad » qui donne la priorité à la propulsion électrique tout en utilisant le moteur pour charger la batterie, simulant ainsi les rapports bas de gamme sans boîte de transfert traditionnelle.

Les différentiels arrière à verrouillage mécanique et les différentiels avant en option améliorent les capacités tout-terrain, permettant des manœuvres comme le « virage léopard » (roues qui tournent indépendamment pour des virages plus serrés). La capacité de remorquage est évaluée à 3 500 kg.

Dynamique de conduite : lourde et ferme

L’expérience de conduite du Denza B8 est mitigée. Malgré la suspension hydraulique avancée DiSus-P, la conduite est étonnamment ferme en raison du poids important du véhicule. La manipulation semble lourde, sans le poli des concurrents. La suspension peut être réglée, mais la masse du B8 reste perceptible dans les virages.

L’accélération est vive (0 à 100 km/h en 4,8 secondes), mais la livraison semble retardée en raison du fonctionnement complexe du groupe motopropulseur. Les capacités hors route du B8 sont impressionnantes, mais la dynamique sur route est moins raffinée.

Conclusion

Le Denza B8 est une tentative ambitieuse de perturber le marché australien des SUV de luxe. Il offre une combinaison convaincante de technologie, de capacités tout-terrain et de prix compétitifs. Cependant, le poids du véhicule, sa conduite ferme et certains choix intérieurs étranges l’empêchent de rivaliser pleinement avec des marques établies comme Lexus et Land Rover.

Le succès à long terme du Denza dépend du raffinement de l’expérience de conduite et de la résolution de ces défauts mineurs mais visibles. Pour l’instant, la B8 est une déclaration d’intention audacieuse, mais il reste à voir si elle peut tenir sa promesse d’un luxe de type Lexus pour l’argent de type Toyota.

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